Épisode 5
Il était une fois la Bible
(suite de la question précédente) Donc ce sont des mythes. Comment expliquer la différence entre les personnages historiques ayant existé et les personnages qui n’ont pas existé ? A quel moment passe-t-on des récit figuratifs à de réels personnages historiques dans la Bible ? Ex: Adam et Eve n'ont pas existé, mais Salomon oui, et Abraham et Moïse ?
LA RÉPONSE
Traditionnellement on distingue Gn 1-11 de la suite du récit. Mais cette distinction peut être piégeuse !
Déjà, ce serait davantage le “pourcentage” d’historicité qui varie à l’intérieur de chaque personnage, plutôt que certains personnages qui auraient existé, et d’autres pas.
Plus profondément, chercher à faire la différence entre les personnages historiques ayant existé et les personnages qui n’ont pas existé est quelque part voué à l’échec, car le but de la Bible est de tirer des enseignements capables de conduire l’homme au salut, et non de rendre compte scrupuleusement d’une période historique.
Ces enseignements sont compris comme étant puisés à la source de l’histoire, mais cette histoire est reformulée en termes spirituels.
Par exemple, vers -1800, il y a probablement eu un homme qui a vécu une expérience spirituelle déterminante, mais s’appelait-il Abraham ? Est-il mort à 175 ans ? Le pourcentage de “description des événements historiques extérieurs” et de “reformulation spirituelle de ces mêmes événements” varie d’un événement à l’autre, d’un personnage à l’autre.
Plus exactement, la description historique extérieure n’est utilisée que dans la mesure où elle est appropriée pour mener au salut (ce qui fait varier le pourcentage !).
C’est comme si on racontait la deuxième guerre mondiale, mais du point de vue de l’action de Dieu. Vous imaginez bien qu’on ne s’intéresserait assez peu à la marque des canons et au nom des batailles, mais beaucoup plus à comment Dieu a agi dans le coeur de tel homme, qui s’est sacrifié pour un autre, ou au contraire comment Dieu s’est heurté au coeur dur de tel autre homme, et comment il a, tant bien que mal, essayé de guider ce peuple vers Lui, Dieu.
Donc en conclusion, nous n’avons que très partiellement la possibilité de vérifier ce “pourcentage d’historicité” (car nous n’avons plus accès aux événements eux-mêmes, mais seulement à des restes archéologiques ou textuels), et surtout, ce n’est pas le but de la Bible !
Comme le dit le P. Ska: “chercher la vérité historique [de la Bible] équivaut à chercher de la bière chez un marchand de vin. Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas but ! (...) Le récit biblique montre lui-même qu’il ne veut pas être compris comme un « récit historique» mais davantage comme un récit théologique : [par exemple dans l’Exode], les différents pharaons ne portent pas de nom.”
Enfin, pour en revenir à la distinction entre Gn 1-11 et la suite de la Genèse, on peut plutôt la comprendre comme 2 étapes du récit: d’abord, Dieu crée une magnifique création pour tous… mais son beau projet échoue complètement (la chute, Caïn et Abel, Babel…). Alors il “change de méthode”, et adopte la méthode de l’élection: il va choisir un homme, Abraham, s’en faire un ami, puis devenir ami avec sa famille, puis avec un peuple entier, et c’est à partir de ce peuple “élu” qu’il fera connaître son amour au monde entier.
Voici maintenant la même explication en version “pour enfants” :
Aujourd’hui, maman est très fatiguée. Alors Emile, 8 ans, décide de prendre les choses en main : il fait chauffer un thé pour sa maman, range la maison, donne leur douche à Zoé et Tom, son petit frère et sa petite sœur, et pour finir, prépare de délicieuses pâtes aux lardons pour le dîner! Quand papa rentre, maman raconte : “un chevalier est arrivé sur son cheval blanc, il a vaincu le dragon (de ma fatigue) et m’a emmenée dans un magnifique château (le château du repos !).
Maman n’a pas raconté les choses comme elles se sont passées extérieurement, elle n’a pas parlé des pâtes ni de la douche, mais pourtant, elle a très bien expliqué le mouvement du cœur de son fils Emile… un mouvement du cœur, qui s’est traduit par des actes “historiques”! Et finalement, sa formulation n'est-elle pas plus exacte pour décrire la "substantifique moelle" de ce qui s'est passé ce soir-là ?
Traditionnellement on distingue Gn 1-11 de la suite du récit. Mais cette distinction peut être piégeuse !
Déjà, ce serait davantage le “pourcentage” d’historicité qui varie à l’intérieur de chaque personnage, plutôt que certains personnages qui auraient existé, et d’autres pas.
Plus profondément, chercher à faire la différence entre les personnages historiques ayant existé et les personnages qui n’ont pas existé est quelque part voué à l’échec, car le but de la Bible est de tirer des enseignements capables de conduire l’homme au salut, et non de rendre compte scrupuleusement d’une période historique.
Ces enseignements sont compris comme étant puisés à la source de l’histoire, mais cette histoire est reformulée en termes spirituels.
Par exemple, vers -1800, il y a probablement eu un homme qui a vécu une expérience spirituelle déterminante, mais s’appelait-il Abraham ? Est-il mort à 175 ans ? Le pourcentage de “description des événements historiques extérieurs” et de “reformulation spirituelle de ces mêmes événements” varie d’un événement à l’autre, d’un personnage à l’autre.
Plus exactement, la description historique extérieure n’est utilisée que dans la mesure où elle est appropriée pour mener au salut (ce qui fait varier le pourcentage !).
C’est comme si on racontait la deuxième guerre mondiale, mais du point de vue de l’action de Dieu. Vous imaginez bien qu’on ne s’intéresserait assez peu à la marque des canons et au nom des batailles, mais beaucoup plus à comment Dieu a agi dans le coeur de tel homme, qui s’est sacrifié pour un autre, ou au contraire comment Dieu s’est heurté au coeur dur de tel autre homme, et comment il a, tant bien que mal, essayé de guider ce peuple vers Lui, Dieu.
Donc en conclusion, nous n’avons que très partiellement la possibilité de vérifier ce “pourcentage d’historicité” (car nous n’avons plus accès aux événements eux-mêmes, mais seulement à des restes archéologiques ou textuels), et surtout, ce n’est pas le but de la Bible !
Comme le dit le P. Ska: “chercher la vérité historique [de la Bible] équivaut à chercher de la bière chez un marchand de vin. Ce n’est pas impossible, mais ce n’est pas but ! (...) Le récit biblique montre lui-même qu’il ne veut pas être compris comme un « récit historique» mais davantage comme un récit théologique : [par exemple dans l’Exode], les différents pharaons ne portent pas de nom.”
Enfin, pour en revenir à la distinction entre Gn 1-11 et la suite de la Genèse, on peut plutôt la comprendre comme 2 étapes du récit: d’abord, Dieu crée une magnifique création pour tous… mais son beau projet échoue complètement (la chute, Caïn et Abel, Babel…). Alors il “change de méthode”, et adopte la méthode de l’élection: il va choisir un homme, Abraham, s’en faire un ami, puis devenir ami avec sa famille, puis avec un peuple entier, et c’est à partir de ce peuple “élu” qu’il fera connaître son amour au monde entier.
Voici maintenant la même explication en version “pour enfants” :
Aujourd’hui, maman est très fatiguée. Alors Emile, 8 ans, décide de prendre les choses en main : il fait chauffer un thé pour sa maman, range la maison, donne leur douche à Zoé et Tom, son petit frère et sa petite sœur, et pour finir, prépare de délicieuses pâtes aux lardons pour le dîner! Quand papa rentre, maman raconte : “un chevalier est arrivé sur son cheval blanc, il a vaincu le dragon (de ma fatigue) et m’a emmenée dans un magnifique château (le château du repos !).
Maman n’a pas raconté les choses comme elles se sont passées extérieurement, elle n’a pas parlé des pâtes ni de la douche, mais pourtant, elle a très bien expliqué le mouvement du cœur de son fils Emile… un mouvement du cœur, qui s’est traduit par des actes “historiques”! Et finalement, sa formulation n'est-elle pas plus exacte pour décrire la "substantifique moelle" de ce qui s'est passé ce soir-là ?
Réponse apportée dans le podcast, avec Bibliapedia.
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Il était une fois la Bible
Le premier podcast biblique, co-produit par YouPray et Bibliapedia. Un nouvel épisode chaque semaine.
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